Vous n’avez plus d’eau chaude ? Votre ballon d’eau chaude semble à l’arrêt complet ? C’est une situation frustrante, surtout en plein hiver. Vous vous demandez si c’est une panne grave ou un simple réglage à faire.
Avant d’appeler un plombier, sachez que vous pouvez souvent trouver la source du problème vous-même. Cet article vous guide pas à pas pour réaliser 3 tests simples et savoir si votre chauffe-eau fonctionne, même si vous n’êtes pas un expert en bricolage.
Test 1 : Vérifier l’alimentation électrique (la panne la plus fréquente)
La plupart du temps, une panne de chauffe-eau est simplement due à un problème d’électricité. C’est la première chose à vérifier, car c’est souvent la plus simple à résoudre. Inutile de démonter quoi que ce soit pour l’instant, tout se passe au niveau de votre tableau électrique.
Un chauffe-eau électrique, aussi appelé cumulus, est un appareil qui consomme beaucoup d’électricité. Il est donc protégé par des dispositifs spécifiques sur votre tableau.
Contrôler le tableau électrique
Ouvrez votre tableau électrique et cherchez les éléments liés à votre chauffe-eau. Vous devez vérifier deux choses.
- Le disjoncteur : Chaque chauffe-eau a son propre disjoncteur. C’est un petit interrupteur avec une manette. Si la manette est en position basse, c’est qu’il a « sauté ». Essayez de le remonter en position haute. S’il saute de nouveau immédiatement, il y a un court-circuit. N’insistez pas et passez aux tests 2 et 3.
- Le fusible : Sur les installations plus anciennes, votre chauffe-eau est peut-être protégé par un fusible. Il faut le retirer de son support pour vérifier si le filament à l’intérieur est cassé. Si c’est le cas, vous devez le remplacer par un fusible neuf de même calibre.
Comprendre le contacteur jour/nuit
Si votre disjoncteur est bien enclenché, le problème vient peut-être du contacteur jour/nuit. Ce module gère l’alimentation de votre chauffe-eau pour qu’il ne chauffe que pendant les heures creuses, quand l’électricité est moins chère. Vous avez ce système si vous avez un abonnement heures pleines / heures creuses.
Le contacteur a trois positions :
- AUTO : C’est le mode normal. Le chauffe-eau ne se met en route que pendant les heures creuses, quand il reçoit un signal de votre fournisseur d’électricité.
- I (Marche forcée) : Dans ce mode, vous forcez le chauffe-eau à s’allumer immédiatement, même en heures pleines. C’est le mode à utiliser pour notre test.
- 0 (ou OFF) : Le chauffe-eau est complètement éteint et ne chauffera pas, même en heures creuses.
C’est le test le plus rapide pour savoir si votre chauffe-eau est alimenté. Voici comment faire :
- Allez à votre tableau électrique et trouvez le contacteur jour/nuit.
- Basculez le petit levier sur la position I (marche forcée).
- Attendez environ 1 à 2 heures.
- Ouvrez un robinet d’eau chaude. Si l’eau est tiède ou chaude, c’est que votre chauffe-eau fonctionne et reçoit bien l’électricité.
Si la marche forcée fonctionne, le problème ne vient pas de votre ballon d’eau chaude. Le souci est soit le contacteur jour/nuit qui est défectueux, soit un problème avec le signal envoyé par votre fournisseur d’énergie. Dans ce cas, il faut contacter un électricien.
Si après plusieurs heures en marche forcée, vous n’avez toujours pas d’eau chaude, le problème est à l’intérieur de votre chauffe-eau. Passons au test suivant.
Test 2 : Tester le thermostat du chauffe-eau
Le thermostat est le cerveau de votre chauffe-eau. Il mesure la température de l’eau dans la cuve et commande à la résistance de chauffer ou de s’arrêter. S’il est défectueux, la résistance ne reçoit plus l’ordre de chauffer.
Le réarmement de la sécurité thermique
Avant de tester le thermostat lui-même, il faut vérifier s’il ne s’est pas simplement mis en sécurité. Une surchauffe, souvent causée par le calcaire, peut déclencher une sécurité thermique pour protéger l’appareil. Le chauffe-eau s’arrête alors de fonctionner.
Pour le réarmer, suivez ces étapes :
- Coupez le courant au niveau du disjoncteur général.
- Dévissez le capot en plastique situé sous votre chauffe-eau.
- Vous verrez le thermostat, un boîtier avec une molette de réglage et des fils connectés.
- Cherchez un petit trou ou un bouton, souvent de couleur rouge, marqué « reset » ou « sécurité ».
- Avec la pointe d’un stylo ou un petit tournevis, enfoncez ce bouton. Si vous entendez un petit « clic », c’est que la sécurité était bien enclenchée.
Remettez le courant et placez le chauffe-eau en marche forcée. Si l’eau chauffe, le problème est résolu. Surveillez tout de même son fonctionnement, car des déclenchements répétés indiquent un problème d’entartrage.
Le test au multimètre (pour les plus bricoleurs)
Si le réarmement n’a rien donné, le thermostat est peut-être complètement hors service. Pour en être sûr, il faut le tester avec un multimètre.
Voici la procédure :
- Le courant est coupé et le capot du chauffe-eau est retiré.
- Repérez les fils qui arrivent sur le thermostat (souvent en amont) et ceux qui en repartent vers la résistance (en aval). Prenez une photo pour vous souvenir des branchements.
- Débranchez les cosses (connecteurs) des bornes du thermostat.
- Réglez votre multimètre sur le mode continuité (ou ohmmètre, symbole Ω). C’est le mode qui émet un « bip » quand le courant passe.
- Placez les pointes de touche de votre multimètre sur les bornes d’entrée du thermostat. Il doit biper.
- Placez ensuite les pointes sur les bornes de sortie (celles qui vont vers la résistance). Le multimètre doit aussi biper.
Si le multimètre ne bipe pas sur l’une des deux mesures, cela signifie que le contact ne se fait plus. Le thermostat est défectueux et il faut le changer. Si le test montre que votre thermostat est défectueux, il faudra remplacer votre thermostat de chauffe-eau.
Test 3 : Contrôler la résistance (corps de chauffe)
Si l’alimentation électrique est bonne et que le thermostat fonctionne, le dernier suspect est la résistance. C’est elle qui chauffe l’eau, comme une bouilloire. Si elle est grillée, plus rien ne se passe. Il existe deux types de résistances mais le test est identique.
- Résistance thermoplongée : Elle est en contact direct avec l’eau.
- Résistance stéatite : Elle est protégée dans un fourreau métallique, ce qui la préserve du calcaire.
Comment tester la résistance au multimètre
Le test de la résistance se fait aussi avec un multimètre. La procédure est très similaire à celle du thermostat.
- Le capot du chauffe-eau est toujours ouvert.
- Localisez la résistance. C’est un bloc d’où sortent deux bornes avec des connecteurs.
- Débranchez les fils connectés aux bornes de la résistance.
- Réglez votre multimètre sur la valeur ohmique la plus basse (200 Ω par exemple).
- Placez les pointes de touche sur chaque borne de la résistance.
Vous devez observer le résultat sur l’écran du multimètre. Si une valeur s’affiche (généralement entre 20 et 50 ohms), cela veut dire que votre résistance est fonctionnelle. Si l’écran affiche « 1 », « OL » (Over Limit) ou 0, la résistance est coupée ou en court-circuit. Elle est donc HS. Dans ce cas, la seule solution est de changer la résistance du chauffe-eau.
Tableau récapitulatif des pannes et solutions
Pour vous aider à y voir plus clair, voici un résumé des problèmes les plus courants et des actions à mener pour votre chauffe-eau électrique.
| Symptôme | Cause probable | Solution / Test à effectuer |
|---|---|---|
| Pas d’eau chaude du tout | Problème d’alimentation électrique | Test 1 : Vérifier tableau électrique & marche forcée |
| Le disjoncteur saute | Court-circuit (résistance ou thermostat HS) | Test 2 & 3 : Tester les composants au multimètre |
| Eau juste tiède | Thermostat défectueux ou entartrage important | Test 2 : Réarmer ou tester le thermostat |
| Le chauffe-eau ne s’allume qu’en marche forcée | Problème de contacteur ou de signal heures creuses | Contacter son fournisseur d’électricité ou un électricien |
| Fuite d’eau sous le ballon | Groupe de sécurité ou cuve percée | Vérifier le groupe de sécurité. Si la cuve est percée, le remplacement est obligatoire |
Les autres pannes possibles (et quand appeler un pro)
Parfois, le problème n’est pas purement électrique. D’autres éléments de votre ballon d’eau chaude peuvent être en cause.
- La fuite du groupe de sécurité : Il est normal que le groupe de sécurité goutte un peu pendant la chauffe. C’est dû à la dilatation de l’eau. Mais s’il coule en continu, même quand le chauffe-eau est froid, il est sûrement défectueux et il faut le remplacer. Une fuite peut aussi venir d’un problème avec le groupe de sécurité.
- L’entartrage et le calcaire : Le tartre est l’ennemi numéro un de votre chauffe-eau. Il s’accumule sur la résistance, ce qui l’oblige à chauffer plus fort et plus longtemps, provoquant des surchauffes et une surconsommation d’électricité. Un détartrage tous les 2 à 3 ans est recommandé. Pensez aussi à vérifier l’état de l’anode magnésium, qui protège la cuve de la corrosion.
- Les bruits : Si votre chauffe-eau fait des bruits de « glouglou » ou de sifflement pendant la chauffe, c’est souvent le signe que la résistance est entartrée. Des claquements dans la tuyauterie (coup de bélier) peuvent être liés à un problème de pression.
Ces tests vous permettent d’identifier les pannes les plus courantes. Cependant, si vous n’êtes pas à l’aise avec l’électricité, si vous ne possédez pas de multimètre ou si le problème semble plus complexe (fuite importante de la cuve, disjoncteur qui saute sans cesse), n’insistez pas. La sécurité avant tout. Dans ce cas, il est indispensable de faire appel à un plombier chauffagiste qualifié.
FAQ – Questions fréquentes sur les pannes de chauffe-eau
Comment savoir si le contacteur jour/nuit est HS ?
Le test le plus simple est celui de la marche forcée (position I). Si votre chauffe-eau fonctionne dans cette position mais pas en mode AUTO, le contacteur est très probablement la cause du problème. Il ne reçoit plus le signal ou ne le transmet plus correctement.
Pourquoi mon chauffe-eau fait du bruit ?
Des bruits de bouillonnement ou de sifflement pendant la chauffe indiquent presque toujours une présence importante de calcaire sur la résistance. La vapeur d’eau piégée dans le tartre provoque ces bruits. Un détartrage est nécessaire.
Un locataire peut-il rester longtemps sans eau chaude ?
Non. Le propriétaire a l’obligation de fournir un logement décent, ce qui inclut une installation de production d’eau chaude sanitaire en état de fonctionnement. En cas de panne, le propriétaire doit faire intervenir un professionnel rapidement. La loi ne fixe pas de délai précis, mais une panne de plusieurs jours peut justifier une demande de réduction de loyer.
